mercredi 17 décembre 2008

Explication de la maladie de crohn

Description médicale

La maladie de Crohn (MC) est caractérisée par la présence d'une inflammation chronique dans l'appareil digestif. De manière successive ou simultanée, une ou plusieurs zones d'inflammation surgissent, de la bouche à l'anus. Elles peuvent mener à des ulcères dans différents segments du tube digestif.
Dans la majorité des cas, la MC se localise à la partie terminale du petit intestin, selon une observation faite en 1932 par un médecin américain, le Dr Burril B. Crohn. Tout comme la colite ulcéreuse, la MC fait partie de la famille des maladies inflammatoires de l'intestin.
En Amérique du Nord et en Europe du Nord, l'incidence de la MC est des plus élevées et tend à augmenter depuis 1950. Habituellement, la MC apparaît à un jeune âge, et la plupart des cas sont diagnostiqués avant 30 ans.
Causes :
La cause exacte de la maladie n'est pas connue. Néanmoins, il semble de plus en plus clair que l'inflammation est de nature auto-immune. Il se peut qu'une telle réaction soit déclenchée par la présence d'un virus ou d'une bactérie dans le système digestif.
Certaines habitudes de vie et principalement l'alimentation et le niveau de stress - entreraient aussi en jeu, complexifiant ses causes.
Par ailleurs, des chercheurs ont étudié les gènes de dizaines de familles où la MC est fréquente, afin de savoir si une composante héréditaire contribue au développement de la maladie. Ces recherches ont permis d'identifier des sites génétiques de susceptibilité (sur les chromosomes 12 et 16).
Toutefois, les scientifiques croient que dans la plupart des cas, le facteur génétique ne serait pas déterminant.
Maladie de Crohn ou colite ulcéreuse?
La MC ressemble en plusieurs aspects à la colite ulcéreuse, une autre maladie inflammatoire de l'intestin. Une façon de les distinguer est d'observer où sont situées les zones d'inflammation. La colite ulcéreuse affecte un segment continu du côlon, tandis que la MC atteint d'autres parties du tube digestif (et laisse des zones non atteintes), et plus en profondeur.
Malgré tout, la MC demeure une maladie difficile à diagnostiquer en raison de ses symptômes variables; cela peut même prendre un certain temps avant que le médecin ne puisse poser un diagnostic.
Évolution de la maladie :
La plupart des gens atteints de la MC connaissent des épisodes de rémission (qui peuvent durer plusieurs mois) et de récidive, qui se succèdent de manière assez imprévisible.
La MC n'est généralement pas mortelle, mais peut mener à de nombreuses complications :
- des obstructions partielles du tube digestif, qui causent des ballonnements, des nausées avec vomissement de matières fécales et de la constipation;
- une malnutrition, car la mauvaise absorption des aliments crée des carences;
- l'apparition de plaies autour de l'anus (des fistules, des fissures profondes ou des abcès chroniques), chez environ 30 % des patients;
- un retard de croissance chez les enfants;
- d'autres problèmes de santé, comme de l'arthrite, des troubles cutanés, une inflammation des yeux, des ulcères de la bouche, des calculs rénaux ou des calculs biliaires.

Les personnes atteintes de la MC ont un risque légèrement accru de développer le cancer du côlon, surtout après plusieurs années de maladie. La nécessité d'entreprendre un dépistage plus précoce ou plus fréquent du cancer du côlon dépend de plusieurs facteurs et devrait donc être discutée avec le médecin.
Symptômes :
Les premiers symptômes :
  • Des douleurs abdominales fréquentes, qui s'accentuent après un repas.
  • Des crampes d'intensité variable.
  • Une diarrhée chronique.
  • De la fatigue.
  • Un faible appétit et une perte de poids malgré un régime alimentaire équilibré.

Autres symptômes

  • Du sang dans les selles en raison de l'inflammation.
  • Une anémie par manque de fer, due aux hémorragies ou à un défaut d'absorption. L'évacuation de glaires (ayant la consistance du blanc d'oeuf) avec les selles, un signe de production accrue de mucus.
  • Une légère fièvre (39 ºC à 40 ºC), dans les cas sévères.
  • Des douleurs aux articulations.

Personnes à risque

Avoir des antécédents familiaux de maladie inflammatoire de l'intestin (observée dans 10 % à 25 % des cas).La communauté juive est de quatre à cinq fois plus touchée par la colite ulcéreuse que les autres populations12, 13%.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque suivants sont de l'ordre de l'hypothèse, puisque les médecins ne connaissent pas encore bien l'origine de la MC. Ils agissent peut-être davantage en aggravant le cours de la maladie qu'en augmentant le risque initial d'en souffrir un jour.

  • Le tabagisme.
  • La pollution environnementale (pour les personnes qui vivent dans les grandes zones urbaines ou industrielles).
  • Les facteurs alimentaires, comme une alimentation riche en sucre, en aliments raffinés et en mauvais gras, et faible en fruits et légumes. Ou encore des allergies alimentaires.
  • Le stress et l'anxiété.

Prévention :

Aucun moyen de prévenir la MC n'est connu. Tout de même, il est possible de réduire le nombre des épisodes aigus par des mesures assez simples :

  1. bien suivre son traitement et accepter de modifier certaines habitudes de vie.
  2. Adapter son alimentation :Comme il s'agit d'une maladie qui fragilise le système digestif, tout ce qui passe à travers ce système (en touchant inévitablement les parois enflammées) a nécessairement une influence sur l'état de la personne atteinte. Même si on ne connaît pas bien le rôle de l'alimentation comme cause de la MC, les spécialistes savent que certains aliments et certaines boissons aggravent les symptômes tandis que d'autres sont mieux tolérés. Une diète spécifique sera élaborée pour chaque patient, un aspect fondamental de la prise en charge de la maladie.

Attention :

en cas de perte de poids et de sous-alimentation, il faut réagir rapidement et trouver conseil auprès d'un médecin ou d'un diététiste afin d'éviter les carences et l'affaiblissement.

Limiter :

- Les produits laitiers. Pour les personnes intolérantes au lactose, mieux vaut consommer des produits laitiers fermentés (yogourt, fromage) ou prendre un comprimé d'enzymes qui dégradent le lactose (comme Lactaid®) avant de consommer du lait ou d'autres produits laitiers non fermentés. Dans certains cas, il faut éliminer presque complètement ou réduire au minimum la consommation de lactose. Un diététiste peut aider à concevoir un régime le plus faible possible en lactose.

- Les aliments qui fermentent. Pour limiter la diarrhée et les douleurs abdominales, il est préférable d'écarter tous les aliments susceptibles de favoriser les flatulences et les ballonnements : les haricots, les légumes de la famille des choux, les oignons, les agrumes, les boissons gazeuses, le maïs éclaté.

Favoriser :

- Les protéines de qualité. Les viandes maigres, le poulet, les poissons et les oeufs peuvent aider à maintenir un apport nutritionnel adéquat et contribuer à soulager les symptômes de la MC.

- Les petites portions. La conversion des trois grands repas classiques quotidiens en cinq ou six collations durant la journée peut aider à maintenir un apport nutritionnel adéquat. Manger de petites portions permet de mieux tolérer les aliments et fatigue moins l'organisme.

- Du liquide en bonne quantité. Boire entre huit et dix verres de liquide par jour, idéalement de l'eau. L'apport en liquide permet d'éviter la déshydratation qu'entraîne la diarrhée chronique.

- La tenue d'un journal alimentaire. Le premier conseil donné aux malades est de noter ses apports alimentaires, ce qui facilite l'identification des aliments qui déclenchent les symptômes.

Selon le cas :

- Attention aux fibres alimentaires.

Présentes dans les céréales entières et les fruits et légumes, elles font partie de l'alimentation variée et recommandée pour la majorité des personnes. Les patients souffrant de MC qui sont incommodés par ces aliments peuvent tenter, le plus possible, de les consommer à l'état cuit. Sinon, il faudra préconiser un régime dit « faible en résidus ». On appelle « résidus » les matières indigestes, soit tout ce qui est éliminé par les selles. Le régime faible en résidus se devra d'être pauvre en fibres alimentaires. Parmi les légumes les moins digestibles, notons ceux qui contiennent des fibres dures (le chou, les navets, les poireaux, les radis, le salsifis, l'oseille) et les légumes crus.

Cesser de fumer :Les spécialistes recommandent que l'arrêt du tabagisme devienne une mesure préventive de première importance pour l'ensemble des maladies du système digestif.

Il est maintenant démontré que les risques de récidive et de réintervention chirurgicale sont liés à l'importance et à l'ancienneté de la consommation tabagique.

-Évacuer le stress : Les événements stressants peuvent entraîner des épisodes de diarrhée. Il est donc important de se détendre, à court terme, mais aussi d'apprendre à modifier (à long terme) sa manière d'appréhender les situations stressantes et d'y réagir.

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